La dissociation traumatique : comprendre quand on se coupe de ses émotions ou de la réalité

Vous avez parfois l’impression d’être spectateur de votre propre vie ? Vous vous sentez comme absent, dans le brouillard, ou vous avez du mal à vous souvenir de certains moments ? Vous pouvez aussi avoir le sentiment que vos émotions se sont éteintes, comme si vous étiez coupé de vous-même.

Ces expériences peuvent être déstabilisantes, surtout lorsqu’on ne comprend pas ce qui se passe. Parmi les mécanismes possibles, on trouve la dissociation, qui peut notamment apparaître en réaction à un stress intense ou à une expérience traumatique.


Comprendre ce phénomène permet de mieux reconnaître certaines réactions et de chercher un accompagnement adapté. La dissociation correspond à une rupture plus ou moins importante, dans la manière dont nous ressentons notre corps, nos émotions, nos pensées, nos souvenirs ou notre environnement.


Dans certaines situations, elle peut survenir lorsque l’expérience vécue est trop intense ou difficile à supporter. Le cerveau semble alors mettre à distance une partie de ce qui se passe, comme si la personne était moins présente à elle-même ou à son environnement.


La dissociation peut prendre différentes formes. Elle peut être ponctuelle, mais elle peut aussi se répéter ou persister chez certaines personnes, notamment après des événements traumatiques.

Il est important de préciser que toute dissociation n’est pas forcément liée à un traumatisme, et que vivre un épisode de dissociation ne signifie pas automatiquement souffrir d’un trouble dissociatif.

Quels sont les signes possibles de la dissociation traumatique ?

La dissociation ne se manifeste pas de la même façon chez tout le monde. Certaines personnes la reconnaissent facilement ; d’autres ont longtemps vécu ces sensations sans savoir comment les nommer.


Avoir l’impression d’être absent ou dans le brouillard

Vous êtes physiquement présent, mais vous avez l’impression de ne pas être complètement là. Les conversations vous semblent lointaines, votre attention décroche ou vous avez du mal à suivre ce qui se passe autour de vous.

Vous pouvez également avoir le sentiment d’agir de manière automatique, sans vous sentir pleinement impliqué dans vos gestes.


Se sentir détaché de soi-même

Certaines personnes ont l’impression de se regarder agir de l’extérieur, comme si elles observaient leur propre vie plutôt que de la vivre.

Ce phénomène peut s’accompagner d’une sensation d’étrangeté vis-à-vis de son corps, de sa voix, de ses pensées ou de ses émotions. On parle de dépersonnalisation.


Avoir l’impression que le monde est irréel

L’environnement peut sembler étrange, lointain, flou ou comme irréel. Les lieux familiers peuvent paraître différents, comme si une vitre invisible séparait la personne du monde extérieur.

Cette expérience est appelée déréalisation.


Se sentir coupé de ses émotions

Vous savez que vous devriez ressentir de la tristesse, de la peur, de la colère ou de la joie, mais vous avez l’impression de ne rien ressentir.

Cette impression de vide émotionnel peut être déroutante. Elle ne signifie pas nécessairement que vous êtes indifférent ou insensible : vos émotions peuvent être difficiles à percevoir ou à ressentir à certains moments.


Avoir des difficultés avec certains souvenirs

Il peut arriver de ne pas se souvenir clairement d’une période, d’avoir des souvenirs fragmentés ou de perdre le fil de ce qui vient de se passer.

Mais les trous de mémoire peuvent avoir différentes causes. Ils ne prouvent pas, à eux seuls, l’existence d’un traumatisme ou d’une dissociation.

Pourquoi la dissociation peut-elle apparaître après un traumatisme ?

Lorsqu’une personne est confrontée à une situation vécue comme extrêmement menaçante, terrifiante ou incontrôlable, ses réactions de survie peuvent être débordées.

La dissociation peut alors constituer une manière de mettre à distance une expérience trop difficile à supporter sur le moment.

Elle peut apparaître pendant l’événement traumatique, mais aussi se manifester ultérieurement, dans certaines circonstances qui rappellent, même indirectement, ce qui a été vécu.

Cela peut concerner des personnes ayant subi des violences physiques ou psychologiques, des abus, un accident, une situation d’emprise ou d’autres événements traumatiques.

Chez certaines personnes, des réactions dissociatives peuvent s’inscrire dans un tableau de stress post-traumatique.

Toutefois, elles ne sont ni systématiques ni spécifiques à ce trouble.


Pourquoi certaines situations déclenchent-elles cette impression de déconnexion ?

Une sensation, une parole, une odeur, un bruit, un lieu ou une situation relationnelle peut parfois rappeler inconsciemment une expérience passée.

La personne ne fait pas toujours le lien avec ce qu’elle a vécu. Elle peut simplement ressentir un malaise soudain, une impression d’absence, une peur difficile à expliquer ou une sensation d’être à nouveau en danger.

Parfois, la dissociation apparaît également lorsque les tensions s’accumulent, lorsque la fatigue est importante ou lorsque la personne se sent dépassée.

Ces réactions ne sont pas volontaires. Elles méritent d’être comprises avec prudence, sans tirer de conclusions hâtives sur leur origine.


Comment réagir lorsqu’on se sent dissocié ?

Lorsque vous avez l’impression de vous déconnecter de vous-même ou de votre environnement, certaines actions simples peuvent vous aider à retrouver vos repères.

  • Revenir doucement au présent : regarder autour de vous et nommer quelques objets, leurs couleurs ou leur forme.
  • Prendre conscience de son environnement : sentir ses pieds en contact avec le sol, toucher un objet familier ou écouter les sons présents autour de soi.
  • Se rappeler où l’on se trouve : nommer le lieu, la date approximative et ce que l’on est en train de faire, si cela vous aide.
  • Respecter son rythme : ne pas se forcer à revivre un souvenir ni à rechercher seul l’origine de chaque sensation.
  • Repérer les circonstances : si cela est possible, observer les moments où ces épisodes apparaissent, sans chercher à tout analyser immédiatement.


Ces stratégies ne fonctionnent pas de la même manière pour tout le monde. Si porter son attention sur le corps ou la respiration augmente le malaise, mieux vaut s’appuyer sur des repères extérieurs et demander conseil à un professionnel.

Si les épisodes sont fréquents, s’accompagnent de pertes de mémoire ou perturbent votre quotidien, il est important d’en parler à un professionnel de santé afin d’en rechercher les causes et de déterminer l’accompagnement approprié.

Quel accompagnement en cas de dissociation traumatique ?

L’accompagnement dépend de la nature des difficultés, de leur intensité et de leur origine. Il est important de ne pas chercher à forcer les souvenirs ou à provoquer une réaction émotionnelle.

Lorsqu’un traumatisme est en cause, le travail peut notamment commencer par la stabilisation : retrouver des repères, identifier ce qui favorise le sentiment de sécurité et apprendre à mieux gérer les réactions de stress.

L’EMDR peut être envisagée dans la prise en charge de certains troubles liés au traumatisme, après une évaluation adaptée et lorsque la personne est suffisamment préparée. En présence de dissociation importante, l’accompagnement doit être ajusté avec prudence par un professionnel formé à ces difficultés.

L’hypnose peut également être proposée dans certaines situations, en fonction des besoins de la personne et du cadre de pratique. Elle ne convient pas systématiquement à tout le monde et ne remplace pas une évaluation médicale ou psychologique lorsqu’elle est nécessaire.

L’objectif n’est pas de forcer la personne à se confronter à ce qu’elle a vécu, mais de respecter son rythme et de l’aider à retrouver progressivement un sentiment de sécurité.

 

Vous vous reconnaissez dans ces expériences ?

Se sentir absent, coupé de ses émotions ou étranger à son environnement peut être inquiétant, surtout lorsque ces sensations sont difficiles à expliquer.

Je ne suis pas habilitée à poser un diagnostic de dissociation traumatique, dans l’idéal, un psychiatre formé au psychotrauma pourra réaliser une évaluation

Mais je vous accueille à Aubenas, en Ardèche, dans le cadre de mon activité de praticienne en hypnose, EMDR et psychotraumatologie. Nous pouvons prendre le temps d’échanger sur vos difficultés et envisager un accompagnement adapté à votre situation.

Chaque personne est différente, et le cheminement se construit dans le respect de son rythme.

Illustration symbolisant la dissociation et le sentiment de déconnexion de soi