EMDR
L’EMDR, c’est quoi ?
EMDR signifie Eye Movement Desensitization and Reprocessing. En français, cela correspond à la désensibilisation et au retraitement de l’information par les mouvements oculaires.
La psychologue américaine Francine Shapiro a développé cette thérapie dans les années 1980 aux États-Unis. Depuis, les professionnels de santé la reconnaissent largement à l’échelle internationale.
Pour quoi ?
L’EMDR aide à traiter les symptômes liés à des événements traumatiques du passé. En effet, certains souvenirs ne sont pas correctement assimilés par notre cerveau. C’est un peu comme si nous les avions avalés tout ronds, sans pouvoir les digérer.
Comment ?
Heureusement, notre psychisme possède, tout comme notre corps, une remarquable capacité d’autoguérison. Lorsque vous vous coupez, votre organisme cicatrise naturellement et produit des anticorps pour favoriser votre guérison. De la même manière, l’esprit cherche lui aussi à se réparer.
Les chercheurs pensent que les mouvements automatiques des yeux durant le sommeil paradoxal activent ce système naturel de réparation.
Ainsi, le cerveau traite progressivement les souvenirs afin de les classer sereinement dans notre « bibliothèque intérieure ».
Cependant, lorsqu’un événement reste douloureux ou envahissant pendant une longue période, nous pouvons supposer que ce processus de réparation n’a pas pu s’accomplir correctement. Le cerveau n’a alors pas totalement intégré le souvenir, qui reste bloqué et continue de provoquer de la souffrance.
Combien de séances ?
Le nombre de séances varie selon les personnes et la complexité du traumatisme.
Dans certains cas, trois à cinq séances suffisent pour obtenir une amélioration significative. En revanche, lorsque le traumatisme est plus complexe ou s’accompagne de troubles anxieux, d’un état dépressif ou d’autres difficultés psychologiques, l’accompagnement peut s’étendre sur plusieurs mois.
Conclusion
Grâce aux mouvements oculaires reproduits pendant les séances, l’EMDR aide le cerveau à débloquer l’information traumatique. Il réactive ainsi son système naturel de guérison afin qu’il puisse reprendre et terminer son travail d’intégration.
Le processus commence par une désensibilisation progressive de la charge émotionnelle associée au souvenir. Ensuite, il favorise l’installation de pensées plus adaptées et plus positives.
Aujourd’hui, l’EMDR bénéficie de la reconnaissance de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Les professionnels l’utilisent notamment dans la prise en charge du syndrome de stress post-traumatique, des agressions, des accidents, des états dépressifs, des TOC, des addictions, des troubles du comportement alimentaire, des phobies, des deuils difficiles, des difficultés d’estime de soi, ainsi que de certaines souffrances somatiques ou chroniques.
Contre-indications
Par mesure de précaution, je ne pratique pas l’EMDR auprès des personnes :
- enceintes ;
- épileptiques ;
- atteintes de certaines maladies neurologiques (maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer, sclérose en plaques, antécédents d’AVC, etc.) ;
- présentant certains troubles psychiques diagnostiqués, notamment la schizophrénie ;
- en situation de crise suicidaire.
Dans ces situations, une orientation vers un professionnel de santé adapté est nécessaire.