Que faire immédiatement après un évènement traumatique?
Dans un premier temps, il est conseillé, afin d’éviter à la personne de se retrouver en état de stress-post-traumatique, de pratiquer ce qu’on appelle le protocole 6c.
Le protocole 6c qu'est-ce que c'est?
C’est une technique crée par le professeur Moshé Farchi. Cette technique permet aux personnes qui se trouve en état de choc, ou en état de sidération, de réduire le risque de stress post-traumatique.
Elle est utilisée par les professionnels du trauma, comme les secouristes, soignants et intervenants divers.
L’idée est de faire passer la personne du rôle de victime passive à celui acteur (actrice) actif(ve), ceci en stimulant le cortex préfrontal (zone de la logique et de la réflexion). Ceci permet de contrer la sidération émotionnelle, et d’être dans la logique, le factuel, l’action.
Cette technique s’applique dans les premières minutes et jusqu’à 6 h après l’évènement.
Concrètement?
Concrètement les 6c correspondent à:
Contact: On ramène la personne à elle en créant un contact direct et personnalisé, pour éviter son sentiment de solitude et en la regardant dans les yeux, ex: je suis untelle, je suis là pour vous…
Codifiant: Raconter les faits de manière objective, sans nourrir l’angoisse. Imaginez les personnes qui se trouvaient à l’intérieur du Bataclan lors de l’attaque des terroristes et qui se sont retrouvées bousculées, jetées au sol, on entendu le bruit des armes, en ne comprenant rien de ce qui arrivait. Juste leur dire clairement ce qui s’est passé les aident à reprendre pieds dans la réalité, et de garder confiance en ayant devant elles des personnes qui ne cherchent ni à enjoliver les choses, ni à exagérer la situation. Faire l’état des lieux simple et objectif.
Condition: Définir clairement le cadre actuel et sécurisant (ex: la police est en train de gérer la situation, vous allez être transporté à l’hôpital.
Challenge: Proposer à la personne une tâche simple à réaliser, pour forcer l’action ex: lui demander son numéro de téléphone, lui demander de compter quelque chose…
Contrôle cognitif: Poser des questions courtes et concrètes qui demandent de réfléchir, mais sans se contenter d’un oui ou d’un non. Ex: Vous vous trouviez à quel endroit?
Continuité: Etablir le lien avec la suite des évenements, action. Qu’est ce que la personne prévoit de faire après?
En résumé la communication doit être cognitive, pas émotionnelle, pour que la personne ne se sente pas impuissante.
Ce qui ne veut pas dire que la personne n’aura pas à un moment donné besoin d’exprimer ses émotions, mais juste après l’évenement traumatique, ça n’est pas forcément encore le moment.
Dans un second temps, il sera important d’expliquer à la victime la venue éventuelle des troubles et expliquer que ceci est normal après ce qu’elle a vécu. Trop de personnes se suicident, ne comprenant pas pourquoi leur vie a basculée à ce point, et ignorent qu’elles peuvent être aidées.
Il sera important aussi que la personne prenne conscience de son statut de victime et qu’elle peut prétendre à un accompagnement socio judiciaire, mais aussi psychologique en entamant une thérapie.
Mais tout ceci en post-crise.
Nous entendons souvent parlé de cellule de crise psychologique lors d’un attentat, d’une catastrophe, celle-ci n’est pas seulement l’occasion pour les victimes de rencontrer un professionnel de la psychologie (même si c’est important), c’est aussi le moment de mettre en place des actions rapides et concrètes qui permettent d’éviter que le cerveau tourne encore en boucle des années après.
Bien sûr cette technique doit être pratiquée par des personnes formées, afin de ne pas agraver la situation.
Si les conséquences d’un événement traumatique persistent — cauchemars, flashbacks, hypervigilance, troubles du sommeil, ruminations, anxiété — un accompagnement peut être envisagé. Je propose à proximité d’Aubenas en Ardèche un accompagnement des personnes confrontées aux conséquences d’une situation de vie traumatique.
Prenez soin de vous! Vous êtes important!