L'état de stress post-traumatique complexe

 

 

C’est une forme sévère de trouble de stress post-traumatique due à des négligences, des maltraitances.

En effet durant l’enfance certaines personnes ont vécu dans des maisons ou des familles qui sont dépourvues d’amour et parfois dangereuses. Lorsqu’on s’est senti indésirable, mal aimé.e, rejeté.e, détesté.e ou méprisé.e, le traumatisme peut être profondément ancré dans l’esprit et dans le corps.

L’origine est associée à des périodes prolongées de maltraitance physique, sexuelle, verbale ou/et émotionnelle dans l’enfance. On parle alors de stress post traumatique-complexe.

Les caractéristiques gênants et continus sont :

-Des flashbacks émotionnels : Par exemple lors d’une dispute avec votre partenaire, vous vous retrouvez soudain comme un petit enfant, terrifié, prostré, incapable de réagir, comme en régression vers toutes les fois où votre parent vous a maltraité, vous laissant dans un état d’impuissance totale.

-La honte toxique/le fort critique intérieur : Un mépris absolu de soi-même. On se sent laid, repoussant, stupide. Même si on réussi socialement, qu’on est considéré par son entourage comme quelqu’un de beau et d’intelligent, on se voit comme dans le regard meurtrier de son parent traumatisant.

-Abandon de soi.

-Anxiété sociale.

-Sentiment de solitude et d’abandon.

-Estime de soi fragile.

-Désordre de l’attachement (dépendance affective, évitement,

-Attachement insécure, panique de l’abandon)

-Arrêt du développement.

Mais aussi:

-Difficultés relationnelles.

-Vacillations radicales de l’humeur.

-Réactions lutte/fuite.

-Hypersensibilité aux situations stressantes.

-Dissociation, se détacher de soi via des distractions ou des processus mentaux.

-Incapacité à se souvenir d’informations personnelles importantes.

-Idées suicidaires.

 

Beaucoup d’addictions à des substances et à des processus commencent aussi comme des mal adaptations inappropriées à la maltraitance parentale et à l’abandon. Et ces mal adaptations constituent des tentatives pour apaiser et éloigner la douleur mentale, émotionnelle et physique du stress post-traumatique complexe.

Clairement, les enfants en état de stress post-traumatique complexe, puis ces mêmes enfants devenus adultes fuient symboliquement la douleur et leur crainte de l’abandon de différentes façons. C’est un système de protection qu’ils ont mis en place. Et c’est ce système de protection qui leur a permis de survivre en milieu hostile. Bref ! Ils font ce qu’ils peuvent, mais quelque fois malheureusement en abimant leur vie et possiblement celle des autres tant qu’ils n’ont pas compris leurs dysfonctionnements et qu’ils n’ont pas travaillé dessus.

Voici quatre comportements types dans lesquels la victime d’ESPT complexe peut se positionner afin de se protéger. Mais elle ne coche pas forcément toutes les cases d’un même type. Par ailleurs elle peut opter pour un seul des types de comportements, mais aussi plusieurs, selon les situations et les personnes. Une personne peut être tyrannique au travail, et être totalement asservit dans son couple.

 

Type 1 : Narcissique. Lutte. Combat. Antisocial. Explosif. Contrôlant. Il tente d’asservir les autres. Il se croit tout permis. Il est tyrannique. Chef détenant un pouvoir absolu. Manque d’empathie. Hyperactif, énervement. Hyper investissement professionnel. Exagère ses réalisations et sous-estime celles des autres. Exige la perfection, L’autre lui appartient. Il a un besoin constant d’être félicité et admiré. Profite des autres. Envie les autres et croit souvent que les autres l’envie. Se pense plus important qu’autrui. Rabaisse et humilie. Ne supporte pas de voir les autres heureux. Indifférent vis-à-vis des normes sociales. Troubles du comportement voire sociopathe. Ces individus sont aussi souvent sujet aux addictions, jeu, alcool, drogue et à l’anorexie.

– Points positifs : Courage. Intrépidité. Leadership. Affirmation de soi.

 

*Ce type de personnalité n’est pas, ou pas forcément, ce qu’on nomme un « pervers narcissique » mais il peut l’être (voir les 30 caractéristiques dans l’onglet relation d’emprise)  https://xn--vroniquefleurdersilience-bfcp.com/relations-demprise/Il reste à savoir à quel niveau il se situe, combien de cases il coche

 

Type 2 : Obsessionnel compulsif. « Fuit » la douleur, les responsabilités, les conflits. Souci permanent d’ordre, de perfection et de contrôle. Se méfie de l’aide des autres. Est très attaché aux règles, horaires, listes. Obstination, inflexibilité. N’aime pas le changement. A besoin de faire les choses parfaitement pour ne pas être pris en faute. Anxiété à l’idée d’être observé et critiqué. Manque de remise en question. Très rigide dans ses valeurs. Perfectionnisme. Concentration intense. TOC. Paniqué. Précipitation. Inquiétude. accro à l’adrénaline. Impulsif. Recherche de plaisir immédiats. Docile. Perfectionniste. TDAH, troubles de l’humeur. Management abusif. Addictions au sexe, à la séduction. Achats compulsifs. Addiction à l’alcool, aux opiacés et autres calmants. Dépression.

Points positifs : Assiduité, persévérance.

 

Type 3 : Dissociation émotionnelle. Reste immobile, procrastine, il est gelé. Il refuse ses émotions mais sait très bien décrypter celles des autres. Il passe beaucoup de temps à se taire et il a alors tout le temps nécessaire pour observer et comprendre les autres. Et aussi parce que pour éviter de mettre en colère ses parents et s’en protéger il a eu tout intérêt à être en mesure de comprendre à quel moment le vent tournait pour s’éloigner à temps. A fermé son cœur, mort intérieure. Catatonie (mutique figé ou agitation voire violence). Peur de montrer ce qu’il ressent. Est plus à l’aise en amitié qu’en amour car il y a moins d’enjeux. Rêverie. Crispé. Dissimulateur. Camouflage. Hyper émotif déguisé en robot. S’isole, semble être en béton armé on ne crée pas d’intimité avec lui. Pense qu’il doit tout endurer seul. Introspection, reste devant la télé, ermite, déconnecté. Peut avoir des « trous » dans ses souvenirs. Oublie les dates, les évènements. A peur de la réussite. TDA. Sarcastique. Peut être la victime de violences domestiques.

Points positifs : Conscience aigüe, sang-froid, paix, présence, autonomie.

 

Type 4 : Co dépendant. Service. Servitude. Obséquieux. Prosternation devant l’autre. S’aplatit ne dit jamais non. Donne son pouvoir aux autres, à un autre. Transforme sa colère en obéissance. Ne montre rien pour ne pas se montrer vulnérable. Perte de soi. Veut plaire à tout le monde. Esclave. Perfectionnisme social. Enfant parentifié. Obsédé par la propreté. Flatteur, docile, ne s’affirme pas. Auto-abnégation. Peur d’exprimer ses droits et ses besoins. Organise sa propre vie en fonction des autres. Fait ce que les autres lui disent de faire. Écoute tout le monde sauf lui-même. Impuissance apprise. On lui a appris, on l’a conditionné à abandonner tout effort pour changer sa situation, même si c’est possible. Chez l’homme, l’impuissance apprise peut mener à l’impuissance sexuelle, on se sent impuissant, et on le devient.

Points positifs : Amour et service, compromis, écoute, équité, pacification.

 

*Sources : DSM5. « Le trouble de stress post-traumatique complexe Pete Walker psychothérapeute. « Le corps n’oublie rien » Bessel Van Der Kolk. S’ajoute à ceci mon propre vécu et mes expériences, à 30 années de lecture, écoute et visionnage sur le sujet.

 

Vous vous reconnaissez entièrement ou partiellement dans l’un de ces types de personnalités ou dans plusieurs? Vous êtes en état de souffrance? Je peux vous aider. J’ai vécu l’ESPT complexe, je vous comprends. Je peux vous accompagner dans votre quête de réassurance et d’équilibre émotionnel. C’est courageux de chercher des ressources. Bravo ! pour tout ce que vous mettez en place pour avancer. Vous n’êtes pas seul (e).

 

Sachez que ces profils dysfonctionnels ont tendance à s’attirer entre eux. Je vous laisse donc imaginer à quoi peuvent ressembler les relations dans un couple dont l’un est un hyper contrôlant narcissique et l’autre a été élevé à l’obéissance et à vouloir satisfaire chaque attente de l’autre. Et ceci n’est qu’un exemple des relations malsaines et dysfonctionnelles que cela peut engendrer.

 

Petite précision toutefois, aux partenaires, conjoints, entourage des personnes en état de stress post traumatique complexe :

 

Ces personnes ont été psychiquement, émotionnellement et affectivement touchées. Elles ont été trahies, blessées, attaquées, dénigrées, abusées. Elles l’ont été la plupart du temps, par leur propres parents. Mais dans tous les cas, par des personnes qui étaient des modèles de référence. En qui elles avaient une totale confiance. Elles ont été brisées par des personnes qui étaient censées les aimer. Leur apporter de la sécurité, les aider à se construire.

Lorsqu’on comprend tout ça, on est plus à même de comprendre aussi la difficulté énorme, quelque fois infranchissable, que ces personnes traumatisées ressentent ensuite à faire à nouveau confiance. À s’ouvrir à l’autre. À montrer leur amour à des personnes dont elles pensent qu’elles pourraient en profiter pour les trahir elles aussi. De plus, elles n’ont pas les codes parce que les personnes qui auraient dû les leur enseigner les ont trompés en leur faisant croire que la normalité c’étaient leurs comportements dysfonctionnels. Ceci afin d’éviter qu’elles ne s’en plaignent à autrui.

Lorsqu’on est en relation avec ces personnes traumatisées. Lorsqu’on est quelqu’un d’empathe mais qu’on a ses propres défaillances, voire qu’on est soi-même en état de stress post traumatique complexe. On peut sentir ce qui se cache derrière le masque social de ces personnes, on voit leur potentiel. On peut vouloir les aider. Mais pour avoir été moi-même en état de stress post traumatique complexe et avoir ensuite essayer de « sauver » un partenaire qui l’était, au risque de passer pour une personne insensible, s’ils ne font pas l’effort de vouloir se sauver eux-mêmes, je vous le déconseille.

Oui ces personnes souffrent terriblement. Elles ont vécu l’injustice d’une enfance de maltraitance. Oui elles ont certainement, pour la plupart, un énorme potentiel que le trauma les empêche d’exploiter. Mais pour pouvoir avancer sans abimer les autres, la plupart devront avoir la volonté de travailler sur leurs blessures pour pouvoir évoluer.

 Le chemin de réparation du traumatisme complexe est un chemin extrêmement long, sinueux et difficile. Mais sauf pour un pervers narcissique, c’est possible.

S’y attaquer demande énormément de prise de conscience, de courage. De capacité de remise en question et de volonté d’aller mieux. De ne plus vouloir faire subir ses propres dysfonctionnements aux autres. Cela demande de s’y investir en termes de temps, de détermination et aussi financièrement, parce qu’une thérapie a un coût.

Bien sûr certains ont moins de traumas et la relation est gérable. Mais si ce n’est pas le cas et que la personne avec laquelle vous êtes en relation n’est pas encore prête à se remettre en question, je ne peux vous dire qu’une chose, protégez-vous ! Ayez pour vous-même le respect qu’elles n’aura peut-être pas. Pour certains ils se sont tellement coupés de leurs émotions qu’ils ne ressentent pas les vôtres. Ils ne sont même pas capables de voir la douleur qu’ils vous infligent.

Vous ne devez être le sauveur ou la sauveuse de personne et vous ne pouvez pas être leur thérapeute parce ce que trop d’attachement et d’affect sont présents. Vous n’avez pas la prise de distance nécessaire. Chacun est responsable de son cheminement personnel et de sa capacité ou de son incapacité à changer.

Oui c’est triste, dommage et difficile à entendre que certaines personnes n’en soit pas encore arrivé à cette compréhension. Mais ceci ne vous appartient pas. Et j’irai même plus loin (même si ça pique !), en acceptant de servir de béquille à ces personnes, vous les empêché de changer. Parce qu’elles n’ont aucune raison de remettre en cause leur système de pensées si elles trouvent toujours une âme charitable pour accepter l’inacceptable.

Vous l’aurez compris, vous pouvez être tour à tour la victime de maltraitance parentale ou la victime de la maltraitance de votre conjoint(e). Mais aussi être par moment le bourreau, parce qu’on fait quelques fois juste ce qu’on peut avec ce qu’on a sur les épaules.

Les chiffres concernant la maltraitance sont dramatiquement élevés. Nous sommes donc malheureusement nombreux à avoir ce même vécu. Mais je suis bien placée pour vous dire qu’il est possible de se reconstruire et de retrouver un équilibre intérieur.

 Prenez soin de vous, soyez heureux ! Solidairement !

Véronique

enfant pas content