Relations d'emprise

Lorsqu’on parle de relation d’emprise et de manipulation psychologique, on a bien souvent affaire au tristement célèbre PN (pervers.e narcissique). Cependant, selon les degrés, il peut « simplement » s’agir d’une personne à tendance manipulatrice, de quelqu’un qui aime contrôler, ce qui constitue déjà en soi un problème.

Le PN chosifie l’autre ; il le considère comme une marionnette. Ainsi, il lui fait faire ce qu’il veut par la manipulation, la culpabilisation, les humiliations. Progressivement, il le fera douter de sa valeur, il l’amènera parfois à agir d’une manière qui génère honte et culpabilité. Dans certains cas, cela peut conduire aux addictions, voire à une impression de perdre pied avec la réalité, jusqu’à frôler la folie.

On ne sort jamais indemne de ce genre de relation. En effet, le manipulateur utilise souvent d’intenses démonstrations d’amour pour prendre l’autre dans ses filets. Toutefois, dès que la victime a mordu à l’hameçon, le ton change. Les PN sont des monstres d’égoïsme qui se nourrissent de toute l’énergie positive qu’ils perçoivent chez les autres. Ensuite, ils la leur prennent et les laissent exsangues, vidés de leur force de vie.

Au contact d’un PN, on s’éteint peu à peu. À savoir : les PN sont majoritairement des hommes, mais il existe également un pourcentage important de femmes. Il peut s’agir d’un conjoint ou d’une conjointe, d’une mère, d’un frère, d’une tante, d’un ami ou encore d’un patron.

Par ailleurs, le pervers narcissique consulte rarement. Lorsqu’il le fait, il s’agit souvent d’une démarche ponctuelle. Bien souvent, il ment dans l’espoir de manipuler son interlocuteur.

Ce sont d’ailleurs de formidables acteurs et des spécialistes du : « Je t’assure, j’ai compris et je vais changer ! » Pourtant, il n’en est généralement rien, il ne possède pas cette capacité de remise en question. Certes, il peut vous promettre de changer et vous dire exactement ce que vous avez envie d’entendre afin de vous garder dans ses filets. Néanmoins, tôt ou tard, il montrera à nouveau son vrai visage. Alors, il vous dira que c’est vous qui êtes fou ou folle et se positionnera en victime.

De plus, il cherchera souvent à monter les autres contre vous. Or, personne ne joue mieux la victime que celui ou celle qui a causé les dégâts.

En réalité, il n’aime pas, il utilise. Pour lui ou pour elle, vous êtes sa chose et vous lui appartenez. Dès lors, il ou elle fera tout pour vous garder sous son emprise.

Pour y parvenir, il n’hésitera pas à vous détruire, à salir votre réputation ou à instrumentaliser vos enfants et vos amis. En somme, il ou elle ne reculera devant rien. 

Il utilisera vos valeurs, votre sensibilité et votre empathie. Ainsi, il vous fera culpabiliser et vous manipulera. Pourtant, dans une relation saine, il existe un juste équilibre entre le donner et le recevoir. Or, dans une telle relation, vous donnez de l’attention et de l’amour, tandis qu’en échange cette personne vous donne de la boue.

Par conséquent, ne cherchez pas à avoir raison ou à faire de la contre-manipulation, vous allez vous épuiser inutilement. En effet, au jeu de la méchanceté, il est toujours le plus fort. Alors, quittez le champ de bataille et éloignez-vous. Lorsque cela est possible, stoppez tout contact. Surtout, priorisez votre santé.

Par ailleurs, arrêtez de lui trouver des circonstances atténuantes ou des excuses. De même, ne vous contentez pas de miettes : vous méritez mieux. Réapprenez à vous aimer vous-même. En outre, ayez l’honnêteté de ne pas seulement repenser aux bons moments passés ensemble. Repensez aussi au mépris, aux trahisons, au rejet et aux humiliations.

Vous l’aimez toujours, ou du moins vous le croyez ?

Pourtant, on peut continuer à aimer quelqu’un et ne plus vouloir qu’il fasse partie de notre vie. De même, on peut ne jamais oublier quelqu’un tout en cessant de l’aimer. Par ailleurs, vous vous êtes habitué, au fil du temps, à une relation dysfonctionnelle.

Dès lors, avoir peur de tout recommencer ou craindre le regard des autres est parfaitement entendable.

Cependant, cette relation est toxique. Elle vous détruit. Et croyez-moi, quelqu’un ou quelque chose de mieux vous attend quelque part.

Vous aimeriez que votre entourage commun prenne conscience du mal qu’il ou elle vous a fait ? Pourtant, la seule personne qui a réellement besoin de le savoir, c’est vous. En effet, vous savez ce qui est juste pour vous et ce qui ne l’est pas.

Certes, en société et avec les autres, il (elle) est charmant(e). Vous pensez que personne ne vous croira ? C’est bien possible, effectivement. Et alors ?

Vous, vous savez qui il ou elle est et comment il ou elle se conduit avec vous. Il (elle) vous brise, vous dénigre, vous méprise et vous met plus bas que terre. Alors, ne laissez personne vous faire douter de votre valeur et de votre réalité.

Même si la terre entière vous affirme que vous avez tort et que vous vous trompez, c’est vous qui placez le curseur de vos besoins.

Enfin, lorsqu’on réalise qu’on a été le jouet de ce genre de personne, on peut culpabiliser de s’être laissé faire. On peut également avoir honte ou se sentir sale. À ce sujet, une victime de PN m’a dit un jour : « Je ne pourrai jamais raconter à personne tout ce qu’il m’a poussé à faire, j’ai encore trop honte ».

Sachez que les PN ne choisissent pas leur proie au hasard. En effet, ce sont des coquilles vides, sans substance. Ils ont besoin des autres pour exister et, surtout, ils se servent de vous pour briller. C’est pourquoi ils vont se diriger vers des super empathes, des personnes bourrées de qualités, généreuses et toujours prêtes à se remettre en question. C’est précisément ce qui leur permet de mieux les manipuler…

Ainsi, si vous avez été choisi(e) par un PN, c’est que vous êtes brillant(e). Alors, ne le (la) laissez pas éteindre votre lumière. Surtout, ne le (la) laissez pas vous la voler. Au contraire, allez briller là où votre lumière ne gêne personne, auprès de personnes qui ont trouvé la leur, et non auprès de ces vampires énergétiques.

Par ailleurs, ne vous en voulez pas. Vous avez donné à l’autre tout l’amour que vous auriez aimé recevoir. Pourtant, ces personnes ne savent pas aimer ; elles ne connaissent que la destruction. Dès lors, vous n’êtes pas la personne fautive. En revanche, vous pouvez être celle qui a le courage de stopper l’engrenage. Alors, croyez en vous : vous en êtes capable !

Pour devenir un PN, il semblerait que la personne concernée ait connu soit une enfance marquée par la maltraitance, soit, à l’inverse, une éducation d’enfant roi. De plus, certains spécialistes envisagent l’existence d’une composante génétique. Cependant, même si une personne a subi de la maltraitance, il existe une grande différence entre comprendre la souffrance qu’elle a vécue et tout excuser. 

En effet, on ne devient pas un monstre par hasard. Néanmoins, vous n’êtes pas responsable des dysfonctionnements des autres et vous n’avez pas à les subir.

Le sujet sur lequel les avis divergent reste le suivant : « Sont-ils conscients du mal qu’ils font ? »

Pour ma part, il y a 22 ans, j’ai coupé les ponts avec ma propre mère perverse narcissique. La dernière fois que je lui ai parlé, je lui ai exprimé toute la souffrance qu’elle m’avait infligée pendant ces années. Or, ce jour-là, j’ai vu apparaître un sourire jouissif sur son visage à l’évocation de ma douleur. Alors oui, je vous dirais que, selon mon expérience personnelle, ils en sont pleinement conscients.

Dans tous les cas, si vous êtes dans une relation dans laquelle vous ne vous sentez pas respecté(e), pas libre d’être vous-même, ou si vous ressentez un profond mal-être avec cette personne ou simplement en pensant à elle, soyez attentif(ve).

De même, si vous vous sentez contraint(e), surveillé(e), si vous avez l’impression que la personne vous retourne le cerveau, qu’elle ne supporte pas que vous soyez heureux(se), que vous vous amusiez ou que vous entreteniez d’autres relations qu’avec elle, alors prenez soin de vous et éloignez-vous.

Car vous n’abandonnez pas l’autre ; vous vous sauvez vous-même. Et cela fait toute la différence.

Par ailleurs, les relations d’emprise n’existent pas seulement entre deux personnes. Il peut également s’agir de l’emprise exercée par un groupe, un gouvernement (dans une dictature), un mouvement sectaire, une entreprise, une famille ou encore une association.

Dans tous ces cas, on peut parler de relation d’emprise lorsqu’une personne ou un groupe dispose d’un pouvoir absolu et se maintient dans cette position de manière autoritaire et arbitraire.

Ainsi, lorsqu’il y a abus de pouvoir et que vous ne pouvez exprimer un désaccord sans être rejeté(e), banni(e), mis(e) au banc des accusés ou sali(e), il convient de rester vigilant(e).

De même, lorsque le groupe abuse de son pouvoir pour vous déstabiliser ou tente de vous faire douter de votre propre réalité, il y a un véritable « drapeau rouge ». Prenez alors conscience du danger.

D’autre part, concernant toujours les relations d’emprise, si vous êtes encouragé(e) à entretenir une relation intime avec une personne beaucoup plus âgée que vous, ou avec votre supérieur hiérarchique, votre thérapeute, ou encore si vous êtes en situation de handicap, isolé(e) ou fragilisé(e), soyez particulièrement attentif(ve).

Par ailleurs, si cette personne vous fait du chantage affectif ou vous demande de garder le secret, il existe un signal d’alarme qu’il est important de voir et d’entendre.

En effet, lorsqu’un individu souhaite entretenir une relation avec une personne qu’il sait fragile ou influençable, avec laquelle il existe un déséquilibre lié à l’âge, à la position hiérarchique ou à une dépendance financière, et sur laquelle il exerce une influence ou un pouvoir quelconque, il y a matière à s’interroger.

Dans ce cas, la relation apparaît malsaine, voire très préoccupante.

Pour aller plus loin, il n’est pas normal d’exiger de quelqu’un des relations sexuelles ou de le contraindre lorsqu’il s’y oppose. De même, personne n’a le droit d’obliger une autre personne à pratiquer des actes sexuels auxquels elle ne consent pas, y compris dans le cadre du mariage.

On peut avoir tous les fantasmes possibles et imaginables ; là n’est pas la question. En revanche, on ne peut pas obliger quelqu’un à les satisfaire, que ce soit par la violence, le chantage affectif, les moqueries ou la culpabilisation.

Dans ce cas, on parle d’abus, de viol, de viol conjugal et/ou d’emprise. Enfin, le consentement constitue une notion fondamentale dans toute relation, et cette notion demeure non négociable.

Si vous vous reconnaissez dans ce qui précède. Si vous êtes en souffrance. Si vous avez besoin d’aide. Je serai là pour vous écouter, vous soutenir. Vous rappeler à quel point vous êtes légitime et important sur cette terre. Si vous êtes prêt ou prête, appelez-moi…

 

Isabelle Nazare-Aga 30 caractéristiques

 

Isabelle Nazare-Aga a élaboré 30 caractéristiques du pervers narcissique. Elle a publié cette liste en 1997 à la suite de ses recherches sur les manipulateurs. Cette liste s’applique autant aux femmes qu’aux hommes.

Cette liste a pour objectif d’aider les personnes ayant des doutes sur la personne qu’il côtoie. Que ce soit dans le cadre d’une relation amoureuse, d’une relation amicale et également au travail.

Si vous trouvez au moins 14 critères sur les 30 caractéristiques qui vous font penser à la personne en question, c’est effectivement un manipulateur, une manipulatrice.

Au-delà de 20 points sur les 30 caractéristiques citées vous êtes certainement face à un(e) pervers narcissique.

 

Il n’est pas forcément évident au premier abord de reconnaître son conjoint, son mari, sa femme, sa compagne, son copain, sa copine dans ces caractéristiques… On a tendance à être dans le déni.
Lisez-la tranquillement, puis essayez de prendre du recul. Vous y reviendrez plus tard.
Quand vous y reviendrez, cochez les phrases qui vous font penser à la personne manipulatrice.

 

*Si vous voulez vous documenter sur le sujet, vous trouverez les références de plusieurs ouvrages dans l’onglet bibliographie. Vous pouvez aussi lire « vipère au poing » d’Hervé Bazin, ou voir le film tiré du même livre. Le film « Mon roi » ou aussi le film « L’emprise ».

 

 

TEST « SUIS-JE FACE À UN PN OU UNE PN ? »

 

   

   1.Il culpabilise les autres au nom du lien familial, de l’amitié, de l’amour, de la conscience professionnelle.

 

    

    2.Il reporte sa responsabilité sur les autres, ou se démet des siennes.

    

    3.Il ne communique pas clairement ses demandes, ses besoins, ses sentiments et opinions.

     

     

   4.Il répond très souvent de façon floue.

 

    5.Il change ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes ou les situations.

      

     

    6.Il invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes.

 

    7.Il fait croire aux autres qu’ils doivent être parfaits, qu’ils ne doivent    jamais changer d’avis, qu’ils

     doivent tout savoir et répondre immédiatement aux demandes et questions.

 

      8.Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres : il critique sans en avoir l’air,         

      dévalorise et juge.

 

      9.Il fait passer ses messages par autrui.

 

      10.Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner.

 

      11.Il sait se placer en victime pour qu’on le plaigne.

 

      12.Il ignore les demandes même s’il dit s’en occuper.

 

      13.Il utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins.

 

      14.Il menace de façon déguisée, ou pratique un chantage ouvert.

 

      15.Il change carrément de sujet au cours d’une conversation.

 

      16.Il évite ou s’échappe de l’entretien, de la réunion.

 

      17.Il mise sur l’ignorance des autres et fait croire en sa supériorité.

 

      18.Il ment.

 

      19.Il prêche le faux pour savoir le vrai.

     

       20.Il est égocentrique.

 

       21.Il peut être jaloux.

  

       22.Il ne supporte pas la critique et nie les évidences.

 

       23.Il ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres.

 

       24.Il utilise souvent le dernier moment pour ordonner ou faire agir autrui.

 

       25.Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes répondent au schéma opposé.

                   

       26.Il flatte pour vous plaire, offre des cadeaux, se met soudain aux petits soins pour vous.

           

      27.Il produit un sentiment de malaise ou de non-liberté.

 

       28.Il est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais aux dépens d’autrui.

              

       29.Il nous fait faire des choses que nous n’aurions probablement pas fait de notre propre gré.

           

      

       30.Il fait constamment l’objet des conversations, même quand il n’est pas l