Dans une relation dysfonctionnelle il arrive que l’un se sacrifie pour l’autre.
Souvent celui qui se sacrifie n’a pas les codes d’un couple sain et l’autre en profite.
On peut penser qu’il en profite en toute innocence, parce que après tout si l’autre donne tout c’est parce qu’il le veut bien, le profiteur n’impose donc rien . Cette façon de penser est facile et un peu hypocrite. Le profiteur sait très bien, que certaines choses doivent être faites et que s’il ne le fait pas, un autre devra forcément les faire à sa place. De plus, obliger quelqu’un à se soumettre à nos désirs et volontés est une forme de maltraitance dont le profiteur a aussi pleinement conscience. Quelque fois il connait si bien les failles de l’autre, sa tendance à culpabiliser, qu’il sait appuyer là ou ça fait mal, sur les plaies pas cicatrisées pour le faire plier à ses demandes.
Très souvent celui qui se sacrifie a derrière lui une lourde histoire d’abandon de soi. Il a pu être l’enfant d’un parent dont il a dû s’occuper, une mère dépressive, un père alcoolique. Cet enfant a assumé le rôle de pilier. Pour soutenir son parent défaillant, mais aussi bien sûr parce que s’il ne l’avait pas fait, c’est sa propre vie qui se serait trouvée en danger.
Alors au lieu d’aller jouer avec ses copains, de penser à lui, il est devenu un enfant parentifié.
Cet enfant, devenu adulte, va reproduire ce schéma appris à l’enfance « Je suis le pilier de la famille. Je dois m’oublier pour les autres. Mes besoins passent après les leurs. Je dois faire ce qu’on attend de moi. Je dois me sacrifier pour mériter leur amour ».
J’ai connu une femme dont le père alcoolique et incapable de se gérer lui-même avait reproché à sa fille de l’avoir abandonné lorsqu’elle est a quitté la maison pour faire des études. Plus tard, celle-ci s’est marié avec un homme alcoolique qu’elle n’a jamais quitté, bien que malheureuse. C’est ce qu’on appelle « La loyauté familiale inconsciente ».
Lorsque tu commences à y réfléchir, à détricoter tes vieux schémas de pensées erronés, tu commences alors à te poser les bonnes questions :
-Qu’elle valeur est-ce que je m’accorde à moi-même ?
-Est-ce vraiment à moi de sauver les autres ?
-Est-ce à moi de prendre la responsabilité de leur bonheur ?
-Qu’est-ce qui dans mon histoire familiale m’as amené à penser que penser à soi, prendre du plaisir était mal?
-Pourquoi ne suis-je pas moi-même? Est-ce que je ne me sens pas digne d’être aimé en me révélant tel que je suis?
Ecoute bien ceci :
-L’amour qui t’oblige à ramper, ce n’est pas de l’amour.
-Quand tu restes en espérant que l’autre change, c’est toi qui fini par changer et abaissant tes besoins, en acceptant moins que ce que tu mérites. L’amour est censé faire sourire, pas te faire pleurer, sinon c’est une contrefaçon.
Alors regarde l’autre comme il est vraiment et pas comme tu aimerais qu’il soit. Prends du recul. Raccroche-toi aux faits pas à tes émotions. Comment il te traite ? Est-ce qu’il te manque de respect ? T’insultes ? Te trahi ? T’ignores quand tu as besoin de lui ?
Apprends à t’aimer toi-même de manière inconditionnelle. Prends du temps pour toi, chouchoute-toi. Entoure-toi de personnes qui t’aiment, qui te respectent. Fais tes projets qui te rendent heureux(se).
Et surtout laisse les autres se sauver eux-mêmes !!! Malgré tout ce qu’on t’a bourré dans le crâne, ou juste laisser croire, ce n’est pas ton rôle ! Les difficultés des autres ne t’appartiennent pas ! C’est à eux de prendre soin d’eux. Rien ne les empêchent de se remettre en question, comme tu es entrain de le faire toi-même en me lisant.
Pour finir je te donne une petite astuce que j’ai personnellement expérimenté. Tu tournes en boucle du matin au soir dans ta culpabilité ? Tu penses encore beaucoup à cette personne ? Alors fait un pacte avec toi-même. Accorde toi 10 mn dans ta journée où tu t’autorise à y penser, à aller consulter ses réseaux sociaux, où tu peux pleurer, être en colère, être triste. 10mn pas plus. Le reste du temps tu seras trop occupé(e) à VIVRE pour faire autre chose.
L’expression dit « On a deux vies et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on en a qu’une ». Alors tu vis ???
Véronique Journot Lambey