La blessure d’abandon : comment elle influence notre vie et nous pousse à nous saboter?

La blessure d’abandon : comment elle influence notre vie et nous pousse à nous saboter

Et si certaines de nos réactions actuelles étaient liées à une peur ancienne : celle d’être abandonné, oublié ou de ne pas compter suffisamment pour les autres ?

En préambule il me semble important de préciser que nous pouvons être plusieurs à avoir vécu le même événement, sans avoir les mêmes blessures. D’autre part, nous pouvons avoir plusieurs blessures, et certaines plus importantes que d’autres. Il s’agit d’une notion de développement personnel, ce n’est pas un diagnostic médical.

 

 

La blessure d’abandon est une expression souvent utilisée pour parler de cette souffrance qui peut s’installer lorsque nous avons vécu, ou ressenti, un manque de sécurité affective. Elle peut être liée à une séparation, à une perte, à l’absence d’une personne importante, à un manque de disponibilité émotionnelle ou à des relations dans lesquelles nous n’avons pas trouvé la stabilité dont nous avions besoin.

Il n’est pas nécessaire d’avoir été abandonné physiquement pour développer cette peur. Il arrive que l’on ait grandi au sein d’une famille présente en apparence, tout en se sentant seul, peu écouté ou insuffisamment important.

À l’âge adulte, cette peur peut continuer à influencer nos choix, nos relations et notre manière de nous percevoir. Parfois, sans même en avoir conscience, nous mettons en place des stratégies pour éviter de souffrir… qui finissent par nous faire souffrir davantage.

La peur de l’abandon : quand le passé influence le présent

Lorsqu’une personne craint d’être abandonnée, certaines situations peuvent prendre une importance considérable.

Un message qui tarde à arriver, une réponse plus froide que d’habitude, un changement de programme ou une personne qui demande un peu de distance peuvent déclencher une inquiétude intense.

Là où quelqu’un d’autre verra un simple contretemps, la personne qui craint l’abandon pourra ressentir une menace : « J’ai fait quelque chose de mal », « Il ou elle ne m’aime plus », « Je vais finir par être laissé de côté. »

Ces pensées ne sont pas nécessairement conscientes. Le corps peut réagir avant même que l’on ait eu le temps de réfléchir : boule au ventre, agitation, tristesse, colère ou besoin urgent d’être rassuré.

La réaction est bien réelle, même lorsque le danger redouté n’est pas réel.

La difficulté, c’est que nous pouvons alors répondre à une situation présente avec une peur qui s’est construite au fil d’expériences antérieures.

Les stratégies que nous mettons en place pour ne pas être abandonnés

Pour éviter de revivre cette souffrance, nous développons parfois des comportements dont on pense qu’ils nous protègent.

Nous pouvons faire passer les besoins des autres, avant les nôtres.

Certaines personnes apprennent à être toujours disponibles, arrangeantes et compréhensives. Elles disent oui alors qu’elles voudraient dire non, acceptent des situations inconfortables et évitent les désaccords.

Elles peuvent penser, sans toujours en avoir conscience : « Si je suis gentil, si je ne demande pas trop, si je ne dérange pas, on ne me quittera pas. »

Peu à peu, elles s’éloignent de leurs propres besoins. Elles peuvent même ne plus savoir ce qu’elles désirent réellement, tant elles se sont habituées à s’adapter aux autres.

Chercher constamment à être rassuré

D’autres personnes ont besoin de signes fréquents d’amour ou d’intérêt. Elles peuvent interpréter un silence comme un rejet, demander plusieurs fois si tout va bien ou chercher à vérifier que la relation est toujours solide.

Ce besoin de réassurance ne signifie pas que la personne est faible ou capricieuse. Il peut traduire une difficulté profonde à se sentir en sécurité dans le lien.

Cependant, lorsque la peur prend toute la place, les demandes de réassurance peuvent devenir épuisantes, pour soi comme pour l’autre, sans parvenir à apaiser durablement l’inquiétude.

S’attacher à des personnes peu disponibles

Il arrive aussi que l’on s’attache à des personnes qui donnent peu, qui restent ambiguës ou qui alternent proximité et distance.

Pourquoi ?

Parce que l’on peut chercher inconsciemment à obtenir, auprès d’une personne qui ne nous offre pas une sécurité affective suffisante, ce qui nous a manqué auparavant.

On espère enfin être choisi, reconnu, aimé suffisamment pour que l’autre reste.

Chaque signe d’attention devient alors une victoire. Chaque éloignement ravive la peur. Et la relation peut devenir une succession d’attentes, d’espoir et de déceptions.

Ce schéma n’est pas systématique, mais il peut contribuer à maintenir certaines personnes dans des relations douloureuses.

S’éloigner avant que l’autre ne le fasse

À l’inverse, certaines personnes prennent leurs distances dès qu’elles commencent à s’attacher.

Elles peuvent devenir froides, se montrer méfiantes, multiplier les reproches ou mettre fin à une relation dès qu’elles ressentent une vulnérabilité.

Le raisonnement, parfois inconscient, pourrait être : « Si je pars le premier, je ne subirai pas l’abandon. »

La personne croit ainsi reprendre le contrôle. Pourtant, elle risque de se priver d’une relation qui aurait pu se construire progressivement et dans la sécurité.

Vouloir éviter la souffrance peut alors empêcher de vivre pleinement ce que l’on désire.

L’auto-sabotage : quand nous provoquons ce que nous redoutons

L’auto-sabotage ne signifie pas que nous souhaitons échouer ou souffrir. Il désigne plutôt certains comportements qui, malgré nos intentions, nous éloignent de ce que nous aimerions vivre.

Dans la blessure d’abandon, le mécanisme peut ressembler à un cercle vicieux.

Nous avons peur de perdre quelqu’un. Cette peur nous pousse à surveiller ses réactions, à réclamer des preuves d’amour, à nous effacer ou, au contraire, à nous éloigner brusquement.

L’autre peut se sentir sous pression, incompris ou tenu à distance. Il réagit, se ferme ou prend du recul. Et cette réaction semble confirmer notre peur initiale : « Vous voyez, je finis toujours par être abandonné. »

La croyance se renforce, alors même que nos propres stratégies ont peut-être contribué aux difficultés rencontrées.

Ce mécanisme n’explique pas toutes les ruptures et ne signifie pas que nous sommes responsables des comportements blessants d’autrui. Une personne reste responsable de ses choix et de la façon dont elle traite les autres.

Mais comprendre notre part dans certains schémas peut nous redonner une marge de liberté.

L’auto-sabotage ne concerne pas seulement les relations amoureuses

La peur de l’abandon peut également se manifester dans les amitiés, la famille ou le travail.

Nous pouvons avoir du mal à demander une augmentation par peur de déplaire, renoncer à un projet par crainte de ne pas être soutenu, accepter trop de responsabilités pour être indispensable ou éviter de nous exprimer de peur d’être rejeté.

Parfois, nous préférons rester dans une situation insatisfaisante plutôt que de risquer de perdre un lien.

À force de vouloir préserver notre place auprès des autres, nous pouvons finir par ne plus prendre notre place dans notre propre vie.

Pourquoi est-il si difficile de changer ces comportements ?

Parce que ces stratégies ont souvent été apprises pour une bonne raison : elles ont pu nous aider, à un moment de notre histoire, à supporter une situation ou à préserver un lien important.

Le problème, c’est qu’un mécanisme qui nous a protégés autrefois n’est pas toujours adapté à notre vie actuelle.

Nous pouvons savoir intellectuellement que nous avons le droit d’être aimés sans devoir tout accepter. Nous pouvons comprendre qu’un silence ne signifie pas forcément un rejet. Pourtant, face à une situation sensible, la peur revient et nous reprenons nos anciennes habitudes.

Il ne suffit donc pas toujours de se dire qu’il faut avoir confiance en soi ou arrêter de s’inquiéter.

Le changement demande souvent d’apprendre progressivement à reconnaître ses réactions, à comprendre ce qui les déclenche et à développer de nouvelles façons de se sécuriser.

Comment commencer à sortir du cercle de l’abandon et de l’auto-sabotage ?

La première étape consiste à observer ce qui se passe en soi, sans se juger.

Quelques questions peuvent vous aider :

  • Est-ce que j’interprète rapidement une distance comme un rejet ?
  • Est-ce que je dis oui par peur de décevoir ou de perdre quelqu’un ?
  • Est-ce que je cherche à être indispensable pour me sentir aimé ?
  • Est-ce que je m’éloigne dès que je commence à m’attacher ?
  • Est-ce que je reste dans des relations qui me font souffrir, dans l’espoir qu’elles deviennent enfin différentes ?
  • Est-ce que je confonds parfois l’intensité de la peur avec la preuve qu’un danger existe réellement ?

L’objectif n’est pas de trouver toutes les réponses immédiatement. Il s’agit de repérer les automatismes qui se répètent.

Ensuite, vous pouvez essayer de faire une pause entre l’émotion et la réaction. Lorsque l’angoisse monte, prenez le temps de vous demander : « Qu’est-ce que je sais réellement de la situation ? Qu’est-ce que je crains ? De quoi ai-je besoin, là, maintenant ? »

Vous pouvez aussi vous entraîner à exprimer vos besoins sans vous excuser d’exister, à poser des limites et à laisser à l’autre la possibilité d’être différent de vous sans conclure immédiatement que vous allez le perdre.

Ces changements prennent du temps, soyons patient et indulgent envers nous-même.

Un accompagnement pour comprendre ses schémas relationnels

Lorsque la peur de l’abandon est ancienne ou qu’elle entraîne une souffrance importante, un accompagnement peut aider à mieux comprendre les liens entre les expériences passées, les émotions présentes et les comportements qui se répètent.

L’hypnose peut être utilisée pour explorer certaines réactions et travailler sur les ressources personnelles. L’EMDR est notamment utilisée dans la prise en charge de souvenirs traumatiques, lorsque cela est indiqué.

Vous souhaitez avancer autrement ?

Je m’appelle Véronique Fleur de Résilience, je vous propose un accompagnement en hypnose et en EMDR à Aubenas, en Ardèche, selon la situation et les besoins de chacun.

Comprendre ses réactions, reconnaître les schémas qui se répètent et apprendre à ne plus agir uniquement par peur sont des pistes pour retrouver davantage de liberté dans ses relations et dans sa vie.

Vous n’êtes pas obligé de continuer à vivre selon des mécanismes qui se sont installés pour vous protéger. Il est possible, pas à pas, d’apprendre une autre façon d’être en lien avec les autres et avec vous-même.

 

Prenez soin de vous, vous êtes important(e)!

Personne avançant seule sur un chemin, symbole de la peur de l’abandon et du chemin vers soi.